L’ère de l’open space touche à sa fin

SYL_France_Gecina_072016_photo_Arthur_Pequin_H8A1302-1200x675 L’ère de l’open space touche à sa fin

L’open space est un espace de travail ouvert, sans cloisons murales entre les bureaux, le concept est inspiré des « bureaux paysagers » des frères allemands  Eberhard et Wolfgang Schnelle, dans les années 1950. Après son succès aux États-Unis, le concept s’étendra aux entreprises européennes dans les années 1980 mais pour certains, l’idée est surtout inspirée de l’univers Orwelien et de l’architecture carcérale de Jeremy Bentham du XIXème siècle.

L’open space a beaucoup d’avantages, il est sérieusement remis en question depuis quelques années pour maintes raisons.

Travailler en open space permet en effet une meilleure interaction entre collaborateurs, l’ouverture de l’espace rapproche, stimule le contact, architecturalement, ces espaces permettent non seulement une économie d’espace mais aussi une meilleure luminosité, et si  les principe de base de cet aménagement intérieur est respecté, à savoir le respect de l’ornementation végétale préconisée par les frères  Schnelle, on ne peut espérer un meilleur cadre de travail ….mais la situation est autre sur le terrain :

 

L’open space comme concept :

 

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La  majorité des open spaces existants :

 

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Bien que facilitant la circulation de l’énergie et de la lumière, le bureau panoptique produit un climat de scrutation permanente. Certains l’associent volontiers au milieu carcéral car il est évident que dans un plateau ouvert , la notion d’intimité ne trouve plus vraiment sa place …

Promiscuité, bruit, odeurs et manque d’intimité : le travail en open space montre ses limites !

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, la Silicon Valley, pionnière à adopter le concept,  est en train de revoir sa stratégie en fragmentant l’espace de travail.

Et parce qu’il y a davantage d’interruptions et de sources de distraction, il est beaucoup moins facile de se concentrer dans cet environnement bruyant où les regards inopportuns permanents sur son écran

Les personnes travaillant dans des espaces ouverts rencontrent en effet des problèmes de productivité dues principalement au bruit et aux diverses interruptions, un collègue qui passe, un autre qui vous parle, une odeur désagréable ou un parfum trop prononcé …tout est réunis pour se distraire, selon un article dans le nouvel observateur, le bruit – à trop forte dose  serait responsable d’une baisse de 66% de la productivité.

Comme il n’est certes pas possible de passer 8 heures assis sur son bureau, la multiplication des mouvements du nombre par le nombre des employés, il devient difficile de gérer  toutes les sonneries ou vibreurs de téléphone,  les regards indiscrets, les rires et chuchotements …l’humain tout simplement…C’est paradoxalement, au bureau que le salarié manque de plus en plus de concentration, l’abondance de données numériques distrait et désengage. Certains employés adoptent des stratégies d’isolement comme placer un casque sur les oreilles huit heures par jour, d’autres adoptent une posture de camouflage en s’affalant sur leur chaise de manière à ne pas voir ce qui se passe derrière leur ordinateur , sans compter les adeptes de la traditionnelle pause cigarette, et les abonnés convulsifs des toilettes.

Une étude Ipsos publiée en septembre 2016 montre une forte corrélation entre la satisfaction de l’espace de travail et l’engagement..

Actuellement, souligne la psychologue Beatriz Arantes, seuls les chefs disposent de bureaux individuels, dont la taille se révèle souvent proportionnelle à leur niveau hiérarchique. Or, « l’intimité au bureau ne devrait pas être considérée comme un symbole de statut ». C’est le droit de tous.

Ceci dit, les bureaux individuels à l’ancienne ne se multiplient pas pour autant, pour des raisons économiques principalement, car un espace ouvert coûte beaucoup moins cher qu’une multitude de bureaux mais tout est question de compromis : La tendance est à la création de zones d’intimité au cœur des plateaux ouverts

D’après Alain d’Iribarne, socio-économiste et directeur de recherche au CNRS, « les dirigeants mettent en avant le mythe du « travail en projets » et de « coopération harmonieuse et créatrice », mais l’open space peut être pathogène, (…), il facilite la surveillance et la mise en compétition des salariés entre eux. »

La richissime firme multinationale  Google a bien cerné l’enjeu. Elle offre à ses employés une atmosphère paradisiaque et  décontractée avec une cafétéria aux mets élaborés, une piscine, des hamacs, et des salles de jeux(voir images), mais selon Elisabeth Pélegrin-Genel, auteur de comment se sauver de l’open space “A côté de l’aspect festif, une loyauté sans faille et des horaires de travail interminables sont exigés”.

Aujourd’hui, en Europe et aux Etats unis, la mode est aux espaces de co-working. L’approche du travail y est différente, car ces espaces rassemblent différentes catégories professionnelles (Entrepreneurs, artistes, architectes), ce qui permet d’échanger des idées, et de créer des réseaux.

 

 

Sources::

http://tempsreel.nouvelobs.com/bien-bien/20150616.OBS0908/pourquoi-il-faut-en-finir-avec-l-open-space.html

http://www.huffingtonpost.fr/ingrid-nappi-choulet/bureau-moderne_b_12304588.html
En savoir plus:

http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/05/22/bureau-sous-surveillance_5131453_4497916.html#RLffjvdKBZIjCA1k.99

http://www.lesinrocks.com/2016/04/03/actualite/lopen-space-nocif-11815521/

http://www.huffingtonpost.fr/ingrid-nappi-choulet/bureau-moderne_b_12304588.html

 







 

Rayya LAAJIMI

 

Rédactrice WEB